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jeudi, 26 novembre 2009

L'argent et le téléphone mobile: état des lieux dans un pays en pleine mutation numérique.

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Le rapprochement de deux grandes entités du monde numérique bouleverse l'environnement économique de la Côte d'Ivoire à un haut degré. La téléphonie mobile et la banque, puisque c'est d'eux qu'il s'agit, se sont mêlés dans la configuration de nouveaux services hybrides, dans l'intention de proposer des moyens de paiement alternatifs à la manipulation du cash et la saisie de coordonnées bancaires. A un momentle téléphone portable a été déclaré comme « le messie de l'Afrique »,le paiement par chèque apparaît déjà vétuste, le m-payment fixe ses racines dans le pays. Cependant sa justification reposera sur la réponse à 3 questions :

 

-Quelles sont les conditions d’émergence de ce modèle ? ( la question de la nouveauté)

-Quelles sont les formes concrètes de ce modèle ? (La question de l’unicité du modèle)

- Quelles sont les évolutions probables/prévisibles ? (La question de l’exemplarité/ pérennité du modèle

 

Le m-payment désigne le paiement d’un produit ou service par le biais d’un terminal de paiement mobile, généralement un téléphone portable ou un PDA. On y regroupe également toute transaction financière se faisant avec l’aide d’un téléphone portable. Le m-payment en Côte d'Ivoire est le fruit d'une nouvelle culture économique fondée sur les principes d’accélération, de dé-matérialisation et d’informatisation des échanges. Sans oublier la« promesse d’intégration » technologique faites par de néo-entrepreneurs . La mission de ces derniers est de faire de toutes ces ambitions une stratégie, conditionnée par des contraintes matérielles d’ordres financier et juridique. Cela a eu pour conséquences l'établissement de multiples services de paiement par mobile dans notre pays. Nous allons jeter un coup d'œil aux deux modèles présent à l'heure actuelle en Côte d'Ivoire.

 

Les entreprises n'ont pas eu tort d'investir dans le service de M-banking, au vu de son enjeu économique dans le contexte présent du pays. Le taux de bancarisation est de 5% tandis que le pays connaît un taux de croissance très élevé pour le secteur des mobiles. Cette situation rend propice l’accès grâce à la téléphonie mobile à des services financiers plus larges comme un compte en banque ou le transfert d’argent entre compte. Pour l'instant et comme tout nouveau service il n'a pas encore été établit un modèle-type de système de m-banking, chaque société choisissant son fonctionnement selon ses contraintes. Toutefois la collaboration gagnant-gagnant reste le facteur commun.

 

Les banques développant leur activité font actuellement toujours appel à un opérateur de téléphonie mobile couvrant une partie du territoire, car elles n’ont pas les outils pour développer elles-mêmes un réseau de téléphonie. De même, les opérateurs souhaitant augmenter leur offre par une activité de m-banking ont jusqu’à présent tendance à faire appel à une banque afin de gérer l’aspect financier et bancaire, bien que certains développent eux-mêmes leur système bancaire. Travailler en collaboration avec une banque permet à l’opérateur d’éviter les tracasseries bancaires et de profiter des installations de celle-ci, comme les cartes de débit, qui offrent une très large gamme de choix et de services dans un marché où cartes de crédits et distributeurs automatiques sont répandus. L’accès à ses différentes méthodes de paiement se fait, selon les services, par échange de SMS surtaxés, ou à l’aide d’un menu de navigation dynamique intégré au téléphone portable (applet Java) et qui sert d’interface aux clients.

A Abidjan on retrouve un des plus importants niveaux d'innovation technologique réalisé dans ce service: la nécessité d' une passerelle pour connecter deux entités de natures différentes (systèmes mobiles et systèmes bancaire). La convergence Banque et Mobile n'est rendue possible que par ces Switch, comme eTranzact.

eTranzact est un account Manager (régisseur du système) qui gère la connexion et la solution de paiement entre l’opérateur, la banque et le fournisseur de contenu. Le secteur bancaire nigérian qui est l’un des plus dynamiques du continent favorise l’émergence d’une nouvelle catégorie d’entrepreneurs mobiles et crée des emplois. Fonctionnant depuis plus de cinq ans au Nigéria, eTranzact est en Côte d’Ivoire une plate forme de paiement électronique multifonction entièrement indépendante. Son siège est en Angleterre avec déjà plus de 06 filiales en Afrique. La plate forme fournit des applications de m-paiement à partir d’un compte bancaire. La carte bancaire eTranzact, émise par une banque connectée à la plate-forme, a la particularité d’être combinée au téléphone mobile. Le cash disponible sur la carte bancaire est aussi disponible sur le téléphone mobile par le biais d’un menu téléchargé. Chaque paiement effectué à partir d’un téléphone mobile tire sa provision de la carte bancaire associée. Un code identifiant de 16 chiffres ainsi qu’un code pin de 04 chiffres sont associés à toute carte bancaire eTranzact. En somme, les clients de eTranzact ce sont les banques et les opérateurs mobiles à qui ils permettent d'intégrer une solution de paiement mobile dans leurs offres.

Cette solution de paiement mobile permet de payer ses achats (crédit téléphonique, places de spectacles, CD, pharmacies, stations services, boissons, supermarchés, gaz, électricité, loyers) chez les commerçants équipés du terminal ad hoc, avec la mention «carte eTranzact acceptée ici ». Cette solution donne aussi la possibilité de transférer de l’argent à un autre détenteur de carte bancaire eTranzact et de vérifier le solde de sa carte bancaire eTranzact.

 

Puis nous retrouvons sur le térritoire ivoirien, le modèle transformatif dans lequel le produit cible les personnes qui n’ont pas de compte en banque : Style Orange money liée à la Bicici et MTN Money/SGBCI

 

MTN Mobile Money : Depuis 2005, résultat d’une joint-venture entre une banque et un opérateur téléphonique, MTN dispose de son propre service de banque sur mobile dans 21 pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Décrite comme étant une solution complémentaire à l’offre bancaire .Pendant l’ouverture d’un compte, MTN enregistre la voix du client à distance pour s’en servir d’identifiant biométrique.

 

Orange Money a été lancée en juillet 2008 en Côte d’Ivoire puis au Sénégal et dernièrement au Mali. « Ce service permet de faciliter les transactions courantes pour les clients qui sont abonnés à nos services. Il permet aussi de créer une fidélisation et un attachement à la marque », explique Marc RENNARD, Directeur exécutif international Afrique, Moyen-Orient et Asie à Orange-France Télécom. C’est un service qui permet d’effectuer à partir d’un mobile Orange les opérations de m-paiement : transfert d’argent, achat de crédit téléphonique, gestion de compte avec possibilité de faire des retraits et des dépôts d’argent. L’étape de souscription est gratuite, après quoi vous avez 06 mois pour vous rendre dans une agence pour créditer votre compte activé, avec une somme en espèces qui varie entre 1000F et 100.000 FCFA. Pour le moment le montant maximal de rechargement est de 100.000f CFA et l’entreprise n’est pas encore au niveau oèu il possible de faire des achats avec ce compte.

 

La possibilité de transférer du crédit est probablement l’élément majeur d’attraction des clients dans tous les réseaux étudiés. Aujourd’hui, le téléphone portable sert à transférer rapidement de l'argent, en envoyant un SMS. Le destinataire de l’appel peut ensuite aller retirer l'argent dans n'importe quelle agence de téléphonie mobile du pays .Il constitue pour les expéditeurs et destinataires d'argent non seulement un moyen plus confortable et sécurisé (code d’accès) mais surtout accessible à la grande majorité de la population. Ce service est l’une des bases de l’activité m-banking, et doit être élaboré de manière à simplifier les commandes d’envoi. Les dépôts et retraits se font en général dans une agence du service ou chez un revendeur affilié.

Il est plutôt probable que différentes solutions complémentaires et concurrentes émergeront sous peu et donneront ainsi une nouvelle impulsion au développement de services mobiles. Pouvoir développer  une nouvelle génération de mobiles qui embarquent des cartes SIM adaptées. Toutefois il ne faudrait pas perdre de vue que le m-payment, n’est pas destiné aux banques et aux opérateurs mobiles. Essentiellement, tout effort devra être entrepris pour satisfaire un acheteur qui a besoin de choisir cette alternative au milieu du cash, du chèque, du crédit, et des autres formes de paiement auxquels il est habitué. Et un marchand qui lui a besoin d’être prêt et confiant pour accepter cette nouvelle forme de paiement. Les moyens de transaction mis en place pour le développement de ce type de commerce, nous l’avons vu, sont en plein expansion. Pour que le m-commerce pénètre véritablement le marché ivoirien, il faut garantir une accessibilité maximale de ces moyens aux clients. Notamment, les terminaux doivent être le plus possible orienté utilisateur (user- friendly) non bancarisé. Le téléphone mobile servirait alors d’unique terminal de paiement avec pour principale monnaie d’échange, le crédit téléphonique. Plus largement, il nous semble aujourd’hui que le facteur clef de succès, au-delà de la gestion des risques et de l’adaptation aux changements du contexte (économique,organisationnel issus de la période d’effervescence) repose sur la capacité des stratèges à assumer5 le fait que leur projet économique soit porteur d’un projet sociétal

 

En ce sens, les Firmes devront se poser la question de la pédagogie et la démocratisation de l’accès à leurs services. De mon point de vue cela ne passera que par une sérieuse analyse micro économique du comportement et de la satisfaction du consommateur ainsi que par l’identité du décisionnaire : les actionnaires devront permettre davantage aux salariés et aux exécutifs de décider de l'avenir de la stratégie.

 

 

 

Encadré : Les enjeux individuels par acteurs.

 

Acteurs

Enjeux

 

Commerçants

 

Proposer des moyens de paiement alternatifs à la manipulation du cash et la saisie de coordonnées bancaires sur Internet afin de lever les freins liés au commerce électronique.

Limiter les risques de fraudes.

 

Clients

 

Gagner du temps ou bénéficier d’un meilleur confort au moment du paiement, trouver un produit spécifique à un moment donné.

 

Opérateurs

télécoms

mobiles

 

Renforcer sa marque et se différencier de la concurrence en proposant des services innovant.

Favoriser le développement du M-commerce par l’introduction d’un moyen de paiement sûr et adapté à ce type de transaction.

Augmenter le trafic de SMS, MMS.

 

Banques et

organismes

financiers

 

Ne pas être exclus d’un marché émergent qui pourrait se révéler important.

Maintenir des taux de commission traditionnels.

 


Manassé DEHE



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Pour la prochaine rencontre, on parlera de moyens de paiement électronique.
Et la personne ressource choisie pour cette grande tâche est Isaac Gnamba-Yao, Directeur Général eTranzact Côte d'Ivoire, et expert des questions monétiques.
A travers une présentation détaillée, il fera partager aux usagers web et mobiles présents, son expertise, ses connaissances et ses expériences sur le thème:
Les Moyens de Paiement Electronique.